
Vous rêvez en secret que votre enfant réussisse à l’école, soit bien dans ses baskets, ait quelques passions et des capacités mentales hors du commun.
Pour cela, vous l’avez inscrit à des cours de danse, de judo, d’éveil musical et de piano, ses armoires sont pleines de jeux sophistiqués, de consoles électroniques et de CD-Rom pédagogiques, ses étagères remplies de livres d’histoires, de science et d’astronomie… Bref, la vie de votre enfant est aussi remplie que celle d’un ministre.
Et si vous aviez tout faux ? Des pédiatres de l’American Academy of Pediatrics viennent de lancer un appel aux parents stressés d’enfants « sur-encadrés ». Leur message : pour bien se développer, les enfants ont besoin de jeux simples et spontanés. Des cubes, une poupée, quelques papillons dans un jardin. Encore mieux : jouer avec papa à se battre dans l’herbe ou avec maman à se rouler sur un tapis.
De nombreuses études ont montré que lorsqu’ils ne sont pas structurés, les jeux stimulent l’imagination, font naître les passions, développent les capacités de compréhension, sociabilisent et aident à s’adapter aux règles de l’école. Au contraire, lorsqu’il n’y a pas de place pour la spontanéité, les enfants et leurs parents sont beaucoup plus stressés.
Il existe depuis quelques années une pression sociale très forte qui amène les parents à penser que leurs enfants doivent forcément être performants et qu’il n’y a pas de temps à perdre. Les pédiatres expliquent que les cours, les activités, les jeux sont des outils intéressants pour stimuler un enfant mais ne doivent en aucun cas être considérés comme indispensable pour qu’il réussisse.
Lorsqu’on a recours à ce type d’activité, il ne faut pas oublier de laisser en parallèle beaucoup de temps libre.
« Dans cet environnement où les parents se sentent obligés d’être des ’super parents’, je pense qu’un message comme celui-ci est très important, » explique Kenneth Ginsburg, l’auteur principal de cet appel qui travaille à l’hôpital des enfants de Philadelphie (Pennsylvanie, Etats-Unis).
Pour le célèbre pédiatre américain T. Berry Brazelton, les enfants surbookés « risquent de passer à côté de la chance de rêver, d’imaginer, de créer son propre monde et de la faire fonctionner tel qu’on en a envie. Pour moi, c’est une part fondamentale de l’enfance ».
Véronique Molénat
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Dernière mise à jour : vendredi 10 février 2012