12 février 2020

Journée de sensibilisation 4ème aux conduites à risque


Comment aborder la sexualité, les relations aux autres ? 

Quel est l’impact des écrans sur son développement ?

Nos relations aux autres changent et celles des adolescents sont de plus en plus soumises aux dangers et aux modes d’emploi liés à internet et à des connexions quotidiennes, en moyenne de 3 heures par jour.

La journée du 12 février 2020 fut pour les élèves de 4ème une journée de sensibilisation aux conduites à risque. Nous l’avons axée sur deux points majeurs et tous les cours ont été banalisés afin que les élèves puissent mesurer l’importance de ces problématiques et fassent une introspection de leurs pratiques:

1/ la matinée fut consacrée à la réflexion sur l’usage des écrans.  L’association madrilène « PANTALLAS AMIGAS » a démontré à travers des ateliers interactifs comment les écrans pouvaient être des miroirs trompeurs de notre vie sociale. Internet est incontournable mais internet doit s’utiliser avec précaution et responsabilité…. et beaucoup plus de modération. Ce sont les expériences que cette association aproposé aux élèves : comment se protéger de la cybercriminalité, comment fonctionnent les processus de cyber harcèlement et s’en prémunir, comment prendre conscience que les connexions sont des expositions visuelles et cérébrales à des informations et des images qui peuvent être trompeuses et manipulatrices… autant de données qui changent notre vision du monde et nos relations aux autres. Sur les réseaux sociaux, nos amis parfois virtuels sont-ils des amis sûrs et de confiance ? Les amis de mes amis sont-ils les meilleurs vecteurs pour une socialisation efficiente, les listes d’amis ne cachent-elles pas  un repli sur soi, davantage de solitude et d’inaptitude au respect de l’autre et à la capacité à partager, construire une amitié… cela ne cache-t-il pas surtout des relations superficielles et vides de partages et de sens ?

2/ le deuxième point abordé l’après-midi fut celui de la sexualité et du consentement. Toujours en lien avec les connexions qui déterminent souvent les premières relations, la Dra Mercedes Herrero, médecin gynécologue a affronté avec les élèves les questions des premières relations. Les adolescents sont exposés à la pornographie sans le vouloir,  à longueur de connexions ou de téléchargements. Comment construire sa sexualité, ses désirs en se détachant de modèles fournis sur le net et d’images violentes. Avoir des premières relations intimes ne se résument pas à un coït, cela doit commencer par la question du consentement. De récentes études montrent que les adolescents (et ceux du LFM aussi) consomment de plus en plus tôt alcool et tabac, cannabis , substances qui peuvent empêcher la capacité de consentement. Certaines pratiques adolescentes (souvent en groupe, voire en meute) répondent à des défis et demeurent inquiétantes… boire plus, de plus en plus tôt, échapper à la vigilance de ses parents, se mettre en danger, imiter des conduites adultes sans en mesure le dangers… Le médecin a permis aux adolescents de s’interroger, de donner des réponses à des questions, de mettre des mots,  de permettre un dialogue simple, encourageant la responsabilisation. Comment garder son libre arbitre, comment se prémunir de situations non voulues aux lourdes conséquences, comment developper une vie affective sereine, respectueuse de soi et des autres.

Avant de commencer la journée, une enquête anonyme a été proposée aux élèves, cette enquête nous délivre une photographie de nos élèves sur leurs pratiques.

A 19h, les intervenants se sont rendus disponibles pour des échanges avec les parents : plus de 80 parents étaient inscrits, préoccupées par leurs enfants adolescents ou futurs adolescents.


QUELQUES COMMENTAIRES SUR L’ENQUÊTE :

De manière générale, les garçons restent plus longtemps  exposés aux écrans et ont à disposition davantage de dispositifs (62 % disposent de plus de 4 écrans et restent plus de 5 h devant les écrans le we) .

Nos élèves sont de gros utilisateurs et ont leurs propres comptes de réseaux sociaux (ils en possèdent plusieurs) et utilisent des réseaux sociaux nouveaux, donc difficilement contrôlables.

Il est clair que les réseaux sociaux ne sont pas utilisés pour échanger des travaux scolaires… seulement à 21 % !

Concernant les réseaux sociaux,les élèves ne sont pas tous informés sur la façon de paramétrer leur compte (20% ne savent pas comment faire) – en MODE PRIVÉ… leurs comptes étant publics (à 34%), il sont visibles de tous (DANGER)

Les amis sur les réseaux sociaux : 44 % acceptent toutes invitations sans connaitre  vraiment les personnes… (DANGER)

Le sexting ? Vous ne connaissez pas ? Eux, si à 82 %!

La pornographie : à 70 %, ils disent ne pas y être confrontés !  … mais savent-ils où commence la pornographie ? Elle est tellement banalisée, que cela peut leur sembler normal !!

Les sorties seuls après 22 h (sans adulte) : 26 % de nos élèves sont autorisés SOUVENT par leurs parents !(DANGER).. et davantage les garçons (31%) 

9,2% ont déjà eu des relations intimes, 6 personnes avouent sur l’enquête ne pas avoir été consentantes. (DANGER)


PROJET MENÉ DANS LE CADRE DU CESC 2019/2020

BEATRICE ARANDA, PSYCHOLOGUE SCOLAIRE, NATHALIE PRIETO CPE COLLÈGE, LOUIS COFFIN , VOLONTAIRE DU SERVICE CIVIQUE